Il ne s’agit pas ici de faire des calculs de transferts thermiques plus ou moins compliqués, qui au demeurant donneraient les mêmes résultats, mais de calculer d’une façon très simple un ordre de grandeur réaliste de la contribution du CO2 anthropique (c.a.d. dû à l’activité humaine) au réchauffement climatique.

On sait qu’il existe un effet de serre naturel dû principalement à la vapeur d’eau dans l’atmosphère qui est égal à 33°C. Il permet de maintenir sur la planète une température globale moyenne de 15°C, alors qu’en son absence, notre Terre connaîtrait une température globale moyenne de seulement – 18°C qui rendrait la vie terrestre problématique.

La concentration moyenne de vapeur d’eau dans l’atmosphère est de l’ordre de 1 %. En outre, le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) considère que dans un scénario « business as usual », c’est-à-dire un scénario où l’on ne changerait pas nos habitudes, la concentration de CO2  serait de 717 ppm (partie par million) à la fin du siècle, alors qu’elle est d’environ 400 ppm actuellement.

En retenant cette hypothèse de 717 ppm en 2100, le rapport de la concentration de CO2 sur la concentration de H2O sera alors de 717 ppm divisés par 1 %, soit 0,07. En conséquence, la contribution du CO2 au réchauffement climatique sera d’environ 33 x 0,07 = 2,31°C.                                                                                                                                                                      Ce résultat est évidemment très approximatif car il néglige un certain nombre de phénomènes connus, comme par exemple l’effet amplificateur de la rétroaction positive, ou pas encore connus à ce jour (la climatologie est une science très jeune loin d’être arrivée à maturité), mais l’idée est de donner un ordre de grandeur réaliste de l’évolution de la température globale moyenne de la Terre dans le courant du siècle.

A l’aube de la révolution industrielle, la concentration de CO2 dans l’atmosphère était de 280 ppm. En conséquence, dans les 717 ppm de CO2 total, seuls 61 % sont d’origine anthropique et leur contribution sera de 2,31 x 0,61 = 1,4 °C.

En conclusion, dans un scénario où l’on ne changerait pas nos habitudes, les émissions de CO2 anthropique dans l’atmosphère seraient responsables, entre le début de la révolution industrielle et la fin du siècle présent, d’une augmentation de la température globale moyenne de la Terre de l’ordre de 1,5 °C, toute augmentation au-delà de 1,5°C étant imputable à des causes naturelles indépendantes de l’activité humaine, comme par exemple l’activité du cycle solaire (activité magnétique  et éruptions solaires), l’effet gravitationnel du système solaire sur la Terre (paramètres de Milankovic), l’interaction des rayonnements cosmiques avec les couches basses de l’atmosphère…

Enfin, n’oublions pas la possibilité, selon certains chercheurs, d’un mini-âge glaciaire dans les trente prochaines années  (minimum moderne 1), comparable à celui du Moyen Âge (minimum de Maunder), qui pourrait provoquer progressivement une baisse de température pouvant atteindre 1°C. Son origine proviendrait des variations cycliques du champ magnétique solaire. La conséquence pourrait être un ralentissement du réchauffement de la Terre entre 2020 et 2050.

Devant toutes ces incertitudes liées à la complexité des phénomènes climatologiques et à l’état actuel des connaissances sur le sujet, l’évaluation qui sera faite en 2030 de l’augmentation de la température moyenne mondiale durant la période 2020-2030 sera très précieuse. En effet, si elle confirme la valeur de +0,2 °C/décennie constatée actuellement, on aura en 2100 un résultat proche de celui qui vient d’être présenté, à savoir une variation de la température de +2,5 à +3°C et une augmentation consécutive du niveau des océans de 60 à 80 cm.

Cependant, quelle que soit l’évolution des prévisions sur le climat, le simple fait d’avoir atteint le peak oil mondial (pic de la production mondiale de pétrole) et par conséquent de rentrer dans une période où l’offre de pétrole ne pourra plus satisfaire la demande, nous oblige à penser dès à présent aux énergies de l’après pétrole c’est-à-dire à développer au plus vite des énergies décarbonées.

 

 

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