L’Europe en général et la France en particulier, sont très en retard sur le développement de l’Intelligence Artificielle par rapport aux géants américains que sont les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft).

En septembre 2017, le gouvernement a commandé au député et médaillé Fields (le prix Nobel des mathématiques) Cédric Villani une étude visant à proposer des pistes pour que la France devienne incontournable en matière d’Intelligence Artificielle au plan mondial et par ailleurs pour qu’ elle puisse retenir ses cerveaux très courtisés à l’internationnal.

Le rapport d’étude, qui vient d’être publié, recommande quatre pistes principales d’investigation:

1- Améliorer la Recherche en fédérant chercheurs, ingénieurs et étudiants dans des instituts interdisciplinaires, à l’intérieur d’établissements publics d’enseignement et de recherche. Objectif: attirer les scientifiques de haut niveau d’origine étrangère et retenir ceux d’origine française issus, pour la plupart, des meilleures écoles d’ingénieurs.
Le rapport préconise notamment de doubler les salaires  des chercheurs du secteur public en début de carrière.

2- Faciliter la circulation, en France et en Europe, des données (le “Big Data”) qui constituent la matière première dont se nourrissent tous les systèmes d’Intelligence Artificielle (cf. la puissance des moteurs de recherche (Google, Yahoo…) ou le scandale de Facebook à l’élection de Donald Trump via la société “Cambridge Analytica”). En particulier, l’autorité publique pourrait imposer son accès aux données d’intérêt général circulant sur le web.

3- Concentrer les investissements sur les quatre secteurs d’activité stratégiques suivants: la santé, l’environnement, les transports/mobilités et la Défense/sécurité. Le rapport recommande également la mise en place de plateformes sectorielles pour mutualiser les données associées à ces différents secteurs. Les chercheurs et les organismes publics y auraient alors libre accès.

4- Stimuler la réflexion sociale, éthique et environnementale.
Les chercheurs, ingénieurs et entrepreneurs qui contribuent à la conception, au développement et à la commercialisation de systèmes d’Intelligence Artificielle sont amenés à jouer un rôle prépondérant dans la société numérique de demain. Il est donc essentiel qu’ils agissent de manière responsable, en prenant en considération tous les facteurs sociaux, éthiques et environnementaux de leur activité.